La Lettre d’un singe, au théâtre
Publié le : 15 décembre 2007

Lettre d’un singe aux êtres de son espece

RESTIF DE LA BRETONNE

ELISABETH CHAILLOUX

Communiqué :

Honorable lecteur : Je vous fais part de cette étrange Lettre, écrite par un Singe Babouin. Mais que cette assertion ne révolte pas votre raison, et ne vous fasse point secouer la tête avec mépris ! Le Singe dont il est ici question est un métis, qui doit le jour à une femme de Malacca et à un Babouin ...
Je me propose donc d’être doublement utile, en faisant connaître une espèce d’êtres aussi voisine de la nôtre que celle du Singe, et en présentant les vérités fortes contenues dans une pièce absolument originale par la nature de son auteur.

Pour Restif de la Bretonne, comme pour de nombreux écrivains du XVIII" siècle, l’écriture est polémique. Pour combattre une injustice, une monstruosité, on peut la tourner en dérision.
Le rire est une arme, puisque le ridicule tue.
Ainsi dans cette brillante et ironique Lettre d’un singe aux êtres de son espèce, le petit singe César s’étonne de "l’inhumanité" de l’homme, des crimes qu’il commet contre sa propre espèce. Il décrit en particulier la sauvagerie, la bestialité, l’absurdité de l’esclavage qui existe alors dans le Royaume de France, dans ces "Iles des esclaves" que sont Saint Domingue (futur Haiti), La Martinique et La Guadeloupe.

"L’homme se fait plus de mal à lui même qu’il n’en fait à toutes les espèces d’animaux réunies. Comme sa sensibilité est extrême, qu’elle s’étend à mille choses hors de lui, il s’en sert pour tourmenter ses semblables et les faire souffrir.
Vous savez, ou vous ne savez pas - car vous voyez sans voir vous autres - qu’il y a des hommes de deux couleurs, des noirs et des blancs. J’ai dit que l’homme était méchant et qu’il l’était singulièrement contre lui même. Mais pour se convaincre de cette vérité, il faut voir comme il traite les Nègres ! C’est une cruauté qui passe l’imagination et dont il n’use envers aucun d’entre nous."

Pour éclairer ce texte de Restif de la Bretonne, nous lirons quelques articles du Code Noir, ainsi que de courts textes d’auteurs "abolitionnistes" du siècle des lumières : Voltaire, Condorcet, Frossard, Montesquieu, Viefville des Essarts, Sonthonax et même un extrait du Père Duchesne le fameux journal des Sans Culottes.

vendredi 25 et samedi 26 janvier à 16 heures.

Théâtre des quartiers d’Ivry et médiathèque d’Ivry, Auditorium Antonin Artaud.

Site web associé : plaquette-programme d’Ivry